Le château
Le château
Le château
Le Château de Laroque-des-Albères est cité pour la première fois en 1100, lorsque Guillem de Salses donne le kastrum de Rocha à son fils Oliba.
Durant cette période, il est difficile d'en apprendre d'avantage sur le château et sur la famille qui le possède. Plusieurs personnes portant le nom de la Roca sont mentionnées dans des actes du XIIe siècle, mais l'on ne peut établir de généalogie précise. On sait, par exemple, qu'en 1172, un certain Bernard, héritier de la famille, lègue son castellum de la Roca à sa fille Alamanda. Le terme castellum, utilisé ici pour désigner la demeure seigneuriale, est assez clair. Il indique que le site est, à cette date, doté d'un véritable château et non d'une simple maison seigneuriale, plus ou moins vaste, implantée au milieu du bourg fortifié (le castrum), comme c'est souvent le cas au XIIe siècle.
En revanche, en 1188, le château est cité comme une place comtale (Rocam Comitatem), ce qui pourrait indiquer son passage dans le domaine du comte de Roussillon. Dans la première moitié du XIIIe siècle, le petit-fils d'Alamanda, Pons-Hug, comte d'Ampurias, hérite du château de Laroque, et l'on sait qu'il décide en 1253 de prendre à sa charge la nourriture des maçons qui réparent les murs de la cellera (c'est à dire, dans ce cas, le noyau fortifié autour du château). En 1285, Jaume 1er, roi de Majorque, chassé de Perpignan par son frère Pierre, roi d'Aragon, trouve refuge au château de Laroque. Lorsque son allié, Philippe IV, roi de France, vient à son secours, son armée campe entre Perpignan et Le Boulou, et lui-même et sa suite viennent loger à Laroque.
Cette appartenance au domaine royal de Majorque est confirmée par un texte de 1316-1332, qui évoque le remplacement des officiers des comtés de Roussillon et de Cerdagne, beaucoup ayant trouvé la mort lors de la Grande Peste. Un certain Pierre Adalbert, bourgeois de Perpignan, est nommé à la châtellerie de La Roca. On sait également que le château fut inféodé en 1330 à Ademar de Mosset, conseiller de Felip de Majorque.
En 1344, Pierre d'Aragon, qui a repris l'initiative dans sa guerre contre Majorque, s'empare de nombreuses places du Roussillon, et notamment de Laroque, où il établit ses quartiers, avant de confier la garde au chevalier Galceran Morell.
Plus tard, sous Charles VIII, roi de France, des travaux de "réparation" sont réalisés au château de Laroque, les archives conservent à ce propos deux textes datés de 1482 et de 1486. Il semble que cette période soit marquée par des remaniements architecturaux. Il est clair qu'à partir de la fin du XIIIe siècle, les rois de Majorque puis d'Aragon considèrent Laroque comme une place forte d'importance dans le dispositif de défense du territoire. Cet aspect est confirmé à la fin du XVe siècle par les mesures prises par Louis XI, roi de France, lorsqu'il s'empare temporairement du Roussillon. En effet, il ordonne que l'on y détruise la plupart des places fortes, sauf certaines, qu'il considère sans doute comme essentielles pour la défense du territoire : Perpignan, Salses, Elne, Collioure et ... Laroque.
Enfin, en 1422, le château passe de nouveau dans le domaine privé, acquis par Pierre Galceran de Castro, gentilhomme aragonais, héritier de la vicomté d'Evol. En 1624, le vicomte d'Evol vend la seigneurie à un bourgeois de Perpignan, Jeroni de Perarnau, qui lui-même lègue ses possessions à ses héritiers. En 1747, après la mort du dernier héritier direct de la famille, c'est le petit-neveu du défunt, un certain Josep de Sarda, qui rachète la seigneurie et en reste maître jusqu'à la Révolution Française. Il semble que, par la suite, comme nombre de places-fortes, le château est abandonné et perd tout rôle militaire ou résidentiel. En 1882, les rampes d'accès au noyau villageois sont aménagées et, à peu près à la même époque, les portes est et ouest ainsi que le clocher de l'église sont supprimés.

Laroque-des-Albères avant 1890
En 1890, dans la nuit du Vendredi au Samedi Saint, le donjon, alors haut de 25m, s'écroule sans occasionner de dégâts collatéraux.